A partir de la mi-2007, le réseau électrique permettra de proposer de l'Internet en haut-débit et de la téléphonie illimitée à près de 1,5 million de foyers de la région parisienne. Notamment là où l'ADSL ne passe pas.
L'idée de déployer de l'Internet haut-débit par le réseau électrique est évoquée depuis un moment. Après quelques expérimentations, la voilà prête à passer enfin au stade industriel et commercial en région parisienne, sous l'égide du Sipperec (1). Le projet de ce syndicat intercommunal francilien, évalué à environ 150 millions d'euros, serait, selon lui, le plus important en Europe, puisque touchant potentiellement 1,5 million de foyers.
Mecelec, la société ardéchoise qui a été choisie pour déployer ce réseau CPL (courant porteur en ligne), vient de dévoiler les prix de détail qui pourraient être pratiqués. L'entreprise estime qu'il sera possible de proposer l'accès à Internet (1 à 5 Mbit/s) et la téléphonie illimitée pour 20 euros par mois. Le forfait mensuel de téléphonie seule serait commercialisé 10 euros. Mais rien ne garantit que ces prix seront ceux réellement pratiqués. Car au final, ce sont les FAI et les opérateurs télécoms, à qui Mecelec louera son réseau, qui définiront leurs tarifs. Si les prévisions de l'entreprise s'avèrent justes, le CPL serait aussi compétitif que l'ADSL, généralement commercialisé 30 euros/mois, mais avec la télévision.
En revanche, pas de triple play (Internet, téléphonie et télévision) en vue pour le CPL. « Cela n'est pas envisageable avec cette technologie, à moins de proposer des modems CPL donnant accès à la télévision numérique terrestre », souligne Vincent Fouchard, chef de projet CPL au sein du Sipperec. A noter que, comme dans le cas du dégroupage total, les clients auront l'avantage de ne plus payer l'abonnement téléphonique.
Le courant porteur jugé légitime, même en région parisienne
Le déploiement du réseau du Sipperec, en cinq phases, commencera à Courbevoie et Rosny-sous-Bois, où des tests ont déjà eu lieu. En 2008, ce sont une douzaine de villes qui devraient suivre. Le développement sur les 86 communes devrait prendre, au total, cinq ans. « Mais les choses pourraient aller plus vite si la demande des opérateurs est forte », estime Vincent Fouchard. Les premiers clients servis par la technologie CPL le seraient vers l'été prochain.
Si le Sipperec a pu avancer si vite sur ce projet, c'est que le syndicat contrôle, dans les villes adhérentes, la distribution électrique, déléguée à EDF. Il n'existait donc aucun obstacle réglementaire (2). « Nous avons travaillé avec EDF pour mettre au point les conditions d'accès aux transformateurs électriques : sécurité, procédures... Une convention type a été mise en place pour les villes qui seront équipées. »
Pour Vincent Fouchard, bien que la région parisienne soit supposée être bien dotée en matière de haut-débit, et d'ADSL surtout, le CPL a toute sa place. D'abord parce que « la concurrence n'a jamais fait de mal aux consommateurs, loin de là ». Ensuite parce qu'il subsiste, même en Ile-de-France, des zones où l'ADSL ne passe pas. Enfin, le CPL permettrait de proposer la téléphonie illimitée à des foyers qui ne veulent pas d'un accès à Internet ou qui ne disposent pas d'un ordinateur. Cette technologie pourrait aussi permettre l'émergence de services non télécoms, comme le réglage à distance, par Internet, de la température du domicile.
Source 01net